CGT Humanis

L’expérimentation du télétravail

Le télétravail modifie profondément l’organisation du travail :

  • Vous restez à disposition de l’employeur tout au long de votre temps de télétravail. Il doit donc veiller a la préservation de votre santé et de votre sécurité. Le savoir ne suffit pas : il doit mettre en place des mesures de préventions pour éviter tout risque.
  • Vos conditions et votre espace de travail doivent permettre de réaliser vos activités.
  • Vos objectifs ne doivent pas être revus à la hausse du fait du télétravail.

Préalablement à la mise en place de l’expérimentation, la CGT Humanis a contraint la Direction à consulter les CHSCT afin d’envisager tous les aspects liés à la question du télétravail : il ne suffit pas de signer un avenant pour que les conditions d’une expérience sécurisée, réussie et enrichissante soient satisfaites.

Notre intervention a permis de cadrer l’expérimentation (mise en place, conditions et retours au poste de travail…)

L’expérience : Appel à candidature de 150 salariés (maximum) parmi une sélection de services « choisis » par la Direction pour un démarrage prévu en mars 2017. 

La négociation devait démarrer 6 mois après le lancement de l’expérimentation pour une ouverture du dispositif à l’ensemble des salariés éligibles (initialement prévue courant 2018).

⇒ Le télétravail peut s’effectuer au domicile du salarié ou dans un tiers lieu (au choix parmi près de 200 centres de télétravail).

⇒ Le télétravail s’organise sur un rythme hebdomadaire (1 ou 2 journées par semaine) ou mensuel (4 jours 8 jours par mois)

⇒ La nature de l’activité doit être compatible avec le télétravail.

⇒ Les salariés sélectionnés pour l’expérimentation doivent avoir une ancienneté de 12 mois, être autonomes dans leur travail et dans l’usage des outils informatiques. L’expérience doit prendre en compte le principe de 3 jours de présence par semaine sur un site de travail (dont le temps de travail est au moins égal à 80 %).

⇒ Les conditions : un accès Internet haut débit, une bonne réception du réseau de téléphonie Orange et un espace propice au travail.

Les modalités de passage au télétravail :

Après accord de la hiérarchie et de la RH, les « cobayes » signent un avenant à leur contrat de travail mentionnant :

  • L’adresse du lieu de télétravail ;
  • Les principes du télétravail (similaires aux salariés travaillant dans les locaux de l’entreprise : droits et avantages, conditions de travail et sécurité) ;
  • Le matériel mis à disposition du télétravailleur ;
  • Les modalités (journées télétravaillées, modifications envisagées, plages de joignabilité, obligations du télétravailleur…) ;
  • Les règles de réversibilité à la demande du salarié ou du manager (occasionnelle, temporaire ou définitive) et les délais de prévenance associés.

Le manager, quant à lui, doit :

  • veiller à réaliser des entretiens périodiques pendant la phase expérimentale pour des points réguliers sur la réalisation du télétravail ;
  • Organiser les réunions de manière à permettre aux télétravailleurs d’y participer.

Le télétravailleur doit :

  • Enregistrer le début de son activité en utilisant la badgeuse virtuelle : son horaire de référence est automatiquement crédité pour la journée : PAS DE DEBIT / CREDIT POSSIBLE  ;
  • Prévenir l’employeur pour tout accident survenu pendant la journée de télétravail : IL S’AGIRA D’UN ACCIDENT DU TRAVAIL ;
  • Fournir une attestation d’assurance habitation et de conformité électrique.

Le salarié et le manager déterminent ensemble  :

  • Les heures auxquelles le salarié sera joignable par les moyens de communications mis à disposition  : IL NE S’AGIT PAS D’ÊTRE JOIGNABLE 7h31 PAR JOURS TÉLÉTRAVAILLÉS ;
L’indemnité :

Afin de compenser l’utilisation à titre professionnel d’une partie de votre logement dédiée au travail (eau, chauffage, électricité, Internet, bureau, chaise, tapis de souris, éclairage, repose pieds, etc…) et compenser la participation aux frais d’admission des restaurants de l’entreprise (ceux qui bénéficient de tickets restaurants en conservent le bénéfice), vous percevrez une indemnité de :

  • 5 euros bruts par mois si vous télétravaillez 1 jour par semaine (ou 4 jours par mois) ;
  • 10 euros bruts par mois si vous télétravaillez 2 jours par semaine (ou 8 jours par mois).

 

L’esprit de l’accord  :  La Direction Générale et vos représentants syndicaux ont convenu que l’expérimentation devait accorder confiance et autonomie aux télétravailleurs :

  • On ne badge qu’une fois pour voir sa journée comptabilisée ⇔ la Direction a exigé en contrepartie de ne pas pouvoir faire de débit ou crédit ;
  • Le télétravail doit permettre une certaine souplesse dans l’organisation du travail ⇔ on définit des plages de joignabilité pour ne pas être 7h31 à la disposition de l’employeur : 2 heures le matin, 2 heures l’après-midi sont des systèmes de plages évoquées par la Direction au cours de la négociation… ;
  • En cas de jour férié, congés, RTT, récup’ ou maladie, le jour télétravaillé n’est pas reporté mais la pose de demi-journée reste possible.
Dans les faits, l'esprit disparaît souvent  au détriment de l'infantilisation.

Fort heureusement, il ne s'agit que d'une expérimentation...
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