La direction a souhaité négocier un accord mesures d’âge. Après d’âpres négociations, il s’intitule aujourd’hui « Accord relatif aux mesures d’accompagnement des évolutions de carrières ».
Un accord à durée déterminée (1 an renouvelable) auquel moins de 500 salariés sur l’ensemble du Groupe vont pouvoir prétendre.
Pour la CGT Malakoff Humanis, un accord mesures d’âge doit :
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Anticiper en-deçà de la 60ème année et permettre une prise en compte dès 57, voire 58 ou 59 ans ;
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Prévoir des mesures compensatoires en termes d’embauche et de remplacements ;
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Être financé par l’employeur et non par les salariés !
Compte tenu de la fin de non-recevoir de la direction aux propositions de la CGT, vos négociateurs se sont attachés, aux cours de chaque réunion de négociation, à améliorer la proposition initiale de la Direction mais aussi à soulever les inégalités de traitement et les incohérences.
La CGT a cherché à améliorer l’accord en demandant à la direction que le financement des mesures soit pris en charge par la Direction et non par les salariés :
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En anticipant et en prévoyant un mécanisme de compensation et des mesures de remplacements (des embauches) ;
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En maintenant le net au 12ième des rémunérations de l’année N-1 (hors variable) :
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La retraite progressive « renforcée » dès l’âge de 60 sans réunir les conditions nécessaires pour obtenir la retraite à taux plein, sera servie avec un abattement provisoire ;
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En laissant la possibilité d’utiliser le CET avant l’entrée dans le mécanisme ou en solde de tout compte, d’autant que pour les 2/3 des salariés concernés, peu disposent d’un nombre de jour suffisant à compenser la baisse de leur revenu liée à la retraite progressive ;
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En permettant l’utilisation ou l’épargne des congés payés liés à la période de dispense d’activité y compris les jours conventionnels ;
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En engageant la Direction, par écrit sur un délai de traitement maximal, sur la nécessité d’avoir un contact humain plutôt qu’une vision totalement dématérialisée : aujourd’hui, les salariés rencontrent des difficultés sur les départs en retraite et sur les modalités pour obtenir des éléments personnalisés selon l’accord (avec l’exemple du pack retraite et du calcul de L’indemnité de Fin de Carrière) ;
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En intégrant les carrières longues et les salariés déjà en retraite progressive dans le dispositif ;
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Dans l’éventualité où la direction reste au moins disant, s’agissant d’un dispositif basé sur le volontariat, négocier des possibilités de réduire les pertes de revenu (proposition de la CGT par exemple, l’intégration dans le dispositif des Indemnités de Fin de Carrière…)
La CGT a porté l’ensemble de ces revendications pour améliorer l’accord initial.
L’ensemble des organisations syndicales ont repris à leurs comptes les revendications amenées par la CGT.
Depuis le mois de juillet, la Direction cède au fur et à mesure que les autres organisations syndicales évoquent les mêmes difficultés : la perte de revenus, l’inégalité de traitement pour les carrières longues, les contraintes du mécénat…
Malheureusement, hormis la CGT, personne n’a cherché à imposer des mesures financées entièrement par l’employeur…
Pourquoi la CGT n’a pas signé l’accord :
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Parce qu’il s’agit uniquement de mesures d’âges « mûrs » : les engagements sur le versant « jeune » sont précaires voire ridicules ;
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Parce que les salariés vont payer de leur poche une partie du dispositif ;
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Parce que les mesures ne sont pas envisageables avant 60 ans ;
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Parce que, pour la CGT, il s’agit d’un plan de départ pour permettre des reclassements suite aux réorganisations en cours et à venir (Gestion d’Entreprises, CICAS, Liquidation, etc…) sans garantie de recrutement complémentaire ;
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Et parce que la CGT dénonce sans cesses les coupes budgétaires et les départs non remplacés :
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Les salariés restants, quel que soit l’âge et les années de bons et loyaux services, subiront une fin de carrière de souffrance
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En signant cet accord, la CGT participerait indirectement à cette désorganisation;
Ce dispositif mis en place par la direction ne vise qu’à répondre à une chose :
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Donner des possibilités pour la direction de proposer une autre forme de départ aux salariés avant la date prévue
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Inciter au départ un nombre restreint de salariés pour surtout éviter de faire appel à des embauches.
Qui plus est, grâce à la signature de 3 Organisations Syndicales, les salariés « qui n’en peuvent plus » vont pouvoir partir en « préretraite » mais en puisant sur l’ensemble de leurs droits : ils n’auront plus de réserves afin de compenser une perte de revenus future ou de permettre la réalisation d’un projet dans cette autre vie que représente la retraite…
NOS REVENDICATIONS SONT LES VÔTRES !